Bach by Marcelle Meyer - Complete Inventions & Sinfonias, Partitas, Toccatas, Italian Concerto ..

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Marcelle Meyer. Paris qui joue du piano. Quelques mots pour décrire, pour simplement situer l'héritage de celle des grandes pianistes françaises du xxe siècle qui fut le plus formidablement versatile, et aussi le plus exemplairement et constamment française dans cette versatilité même ? On n'essayera même pas. L'important est qu'enfin soit réunie la totalité de l'héritage de Marcelle Meyer l'unique. Si longtemps elle avait été réellement dispersée, introuvable, simple bruit qui court, loin d'être déjà légende. La seule façon qu'elle aurait eu de survivre à sa mort prématurée en 1958, c'était les séries de disques 78 tours qu'elle avait alignées pour les Discophiles Français depuis 1946, et alignées comme des ensembles cohérents (procédure très en avance sur l'époque) alors qu'en concert (en France en tout cas) on ne l'entendait plus qu'à peine. Mais ce sont les Discophiles eux-mêmes qui ne survivaient pas. Certaines de leurs cires d'origine, Dieu merci, furent reprises à l'étranger, en Italie notamment où elle s'était établie, mais ce fut bien des années plus tard. Pourtant la France finit par importer, mais de façon comme clandestine, ses Scarlatti et ses Rameau. Restait occultée la part moderne et française de son héritage, pourtant irremplaçable. Contemporaine des compositeurs, intimement liée à tout ce qui a été vie et nouveauté en art et en littérature (pas en musique seulement) dans le Paris de ses jeunes années, Marcelle Meyer avait travaillé avec tout le monde (notamment Vines), créé Albéniz comme Milhaud et Stravinsky. Pour Chabrier, Debussy et Ravel (enregistrés aussi pour les Discophiles Français, contre toute mode, toute idée de profit), elle était évidemment le plus précieux, le plus sagace, le plus qualifié des témoins. Il s'est heureusement trouvé qu'au moins ses albums Rameau, ainsi ressuscités en Italie et qui avaient à peine fait leur chemin vers la France, ont opéré le miracle : la rumeur devenait la légende et on voulut aussitôt en savoir davantage, tout savoir si possible, de cette pianiste fée, aux répertoires eux-mêmes féeriques. Marcelle Meyer a été d'emblée rééditée en « Références » aussi Yves Nat, autre héros des Discophiles Français : mais les disques de Nat, c'étaient les e autrement publics Beethoven et Chopin). La prestigieuse série, alors en ses premiers débuts, ne s'intéressait guère pourtant qu'aux célébrités internationales du passé. Et c'est largement pour elle et à cause d'elle qu'ensuite, le CD venu, l'autre série des « Introuvables » d'EMl s'est ouverte au trésor des archives instrumentales. Trois considérables coffrets en effet se sont succédé, que le public réclamait — et acclamait : d'abord Chabrier, Debussy, Ravel regroupés, versant moderne de son art (plus quelques disques du xxe siècle épars, de Strauss à Stravinsky). Vinrent ensuite les ensembles Rameau et Couperin et Scarlatti, authentiquement incroyables et, en un sens, intempestifs : en pleine vague naissante du baroque ils démontraient la légitimité du piano, mieux, sa préséance, du moment qu'on le joue comme la seule Marcelle Meyer le jouait, combinant fluidité et sonorité comme, il est vrai, personne d'autre. Enfin un troisième volume nous rendait ses quelques, ses trop peu nombreux Mozart, mais surtout celui dont on avait oublié que - devançant largement Glenn Gould, et de façon autre, mais pas moins novatrice —, elle avait mis sur disques une part considérable du Clavierübung : Jean-Sébastien Bach. Héritage exemplaire, colossal et, osons le dire ainsi, don quichottesque, quand on pense combien peu l'époque (les années qui ont suivi la Libération) cultivait ces curiosités-là. Qu'une firme aussi marginale, une pianiste aussi marginalisée aient pu alors oser aller aussi loin, est admirable en soi. Mais non moins admirable est la façon dont une pianiste unique a su commander à une pareille diversité de styles, y faisant admirer à chaque fois une personnalité, un toucher et une facture pianistique absolument hors du commun, mais servant à chaque fois pourtant le compositeur, qu'elle joue comme si elle n'avait d'autre passion que lui, et que cette passion fût celle de la fidélité et, en même temps, celle de l'évidence. Il n'y a pas de pianiste moins subjective que Marcelle Meyer. On n'en connaît pourtant pas qui soit à chaque fois si absolument personnelle, originale. Et cette originalité, merveille, c'est la lettre absolument restituée. La lettre, avec aussi l'esprit.. André Tubeuf
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Channel: Classical Music/ /Reference Recording
Views: 799,001
Rating: undefined out of 5
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Id: spHBTyagfZ4
Channel Id: undefined
Length: 207min 58sec (12478 seconds)
Published: Wed Oct 21 2020
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